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 In Another Life, When We Are Both Cats | Olive&Nori

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MessageSujet: In Another Life, When We Are Both Cats | Olive&Nori   Lun 6 Fév - 23:18

La nouvelle s'écrasa sur le jeune homme tel un tsunami. Un d'une puissance inégalée dans le passé, qui lui fut balancé à la figure sans la moindre compassion. Si, au moins, son frère avait été le messager de la mort, au lieu de laisser les cartes s'en charger. Le Fou à l'envers, associé à différents messages dont Nori n'avait que faire. Seule cette carte importait, la sienne, son point d'ancrage, réduit à néant. S'il n'avait pas interrogé le destin au sujet de son propre avenir, le voyant n'aurait pas eu de raison de s'inquiéter. La curiosité avait assassiné un chat, ou quelque chose de similaire. Les expressions Anglaises ne possédaient pas vraiment de sens pour l'asiatique qui passa sa mâtinée à effectuer le même tirage encore et encore jusqu'à se couper avec les cartes.

Le sang qui perla au bout de son doigt avait le goût du métal, et son regard ne cessait de glisser entre le Fou et la Lune, comme si eux seuls pouvaient expliquer ce désastre imminent. Aucune réponse claire ne viendrait, car il n'avait pas le talent de sa grand-mère, ni la stabilité nécessaire pour l'obtenir. Frustré, Nori frappa le sol de ses pieds, dérangeant ses voisins, jusqu'à se sentir épuisé. Rien de tout cela n'avait de sens, pourquoi maintenant ? L'idée de contacter le Japon pour communiquer avec son ancêtre lui vint, mais elle fut rapidement balayée par le coup contre la porte. Puis le second.

Oh, Aki. Son aîné avait une façon particulière de faire les choses, de les répéter un certain nombre de fois. Et puis, qui d'autre aurait pu venir le déranger, si ce n'était son unique ami dans ce pays étrange. Ses pieds étaient douloureux lorsqu'il parvint à atteindre la porte, l'ouvrant à la volée pour encaisser la terrible nouvelle qui allait lui être offerte sans ménagement.

Un mariage.

Hilarant, n'est-ce pas ? La sensation d'étouffer lui vint, suivit par tant d'autres que la journée devint embrumée, et qu'il se retrouva à en perdre des morceaux. Petit à petit son esprit s'effilocha, peu prompt à accepter ce qu'on lui demandait. Il ne pouvait pas être fiancé, cela allait contre toutes les règles et les rumeurs qui circulaient à son sujet dans son pays d'origine. Un être étrange qui ne supportait pas les contacts mais qui embrassait des individus de tous les genres, voilà ce qui se murmurait sur son passage. Et, à présent, cette protection s'envolait, le laissant seul face à Aki et un destin qu'il ne pouvait fuir.

Si les cartes avaient été plus rapides, moins aléatoires… Il y avait des marques plein ses mains lorsqu'il se réveilla le lendemain matin. Tiens, son aîné n'avait pas décidé de s'enfuir une fois encore. Quoiqu'il s'était sans doute absenté durant la nuit. Nori se réveilla confus, et trahi sans doute aussi. C'était pour son bien, il n'aurait plus à tout endurer par lui-même. Des paroles étranges, qui ne le rassurèrent pas. Au contraire, depuis quand est-ce qu'Aki comprenait ce qui se cachait dans son cœur ? Ce frère qui ne l'aimait pas et qui était présentement en train de fouiller dans sa garde-robe pour dénicher quelque chose d'acceptable.

Au moins, la rencontre n'était pas prévue pour le lendemain, mais le dimanche de la semaine à venir. Un maigre réconfort puisque Nori ne pourrait pas y échapper. Et l'attente allait être un véritable cauchemar. Un durant lequel il décida de se couper du monde. Ce qui ne changeait pas grand-chose, puisqu'il ne parlait que peu à ses connaissances en vérité. Ce n'était pas son genre de téléphoner chaque jour, et encore moins de prendre des nouvelles. Trop complexe, sans doute, de s'intéresser aux autres. Aki passa plusieurs fois, pour lui dicter des règles et des principes qu'il connaissait très bien sans avoir besoin de les entendre de nouveau.

Et si elle décidait de le haïr ? Qu'est-ce qu'il pourrait bien y faire, en cas de réjection ? Ou pire encore, s'ils s'entendaient bien. Le jour tant redouté arriva, tombant telle une guillotine en présence de monarques. Sans écouter les conseils de son aîné, qui pouvait franchement aller se faire voir pendant au moins un mois, Nori s'autorisa un maquillage provocateur, entourant ses yeux et couvrant ses paupières d'un rouge sombre. Un moyen de prouver qu'il n'approuvait pas de cette union par un message que personne d'autre que lui ne risquait de comprendre.

Son père allait être présent. Et ce détail avait quelque chose de terrifiant. Si seulement sa mère avait pu faire le déplacement, au lieu d'être assignée à résidence une fois de plus. Alors Nori aurait été à l'aise. Au lieu de sentir un léger tremblement parcourir ses membres à l'approche de l'heure du départ. Sans compte que le portoloin était une invention désagréable, qui laissa son estomac maigrement rempli un peu trop retourné à son goût.

Elle n'allait même pas être Japonaise. Une étrangère en guise d'épouse, cela avait quelque chose d'impossible. Un peu comme si ce mariage était une vaste plaisanterie. Cependant, plus ils avançaient, plus le jeune homme en vint à se dire qu'ils n'avaient pas à se marier, ni même à s'entendre. C'était juste pour aujourd'hui et après il pourrait tout faire annuler. Ou bien se jeter d'un pont, mais d'un pas trop haut. Histoire de ralentir les choses.

Oh, son esprit commençait à décrocher. Il revint subitement sur terre en voyant qui les attendait. Son père était présent, comme prévu, sauf qu'il n'était pas seul.

« Suzu ! Mère ! » Nori se jeta pratiquement dans les bras de sa sœur aînée, se demandant ce qu'elle pouvait bien faire ici. Il supportait son contact mieux que celui que leur mère, qui finissait toujours par lui faire mal sans le vouloir. Suzu lui offrit un sourire compatissant, et il se souvint qu'elle non plus ne souhaitait pas de quelques fiançailles. Généralement, elle parcourait le monde pour éviter de tomber entre les mains du premier homme choisi par son père. Et pourtant, elle était venue pour le soutenir.

Il se sentit un peu idiot devant sa mère, comme toujours. Cette femme qui était un monstre, exactement comme lui, mais pour différentes raisons. Ses doigts glissèrent contre les joues de son fils, jugeant en silence le maquillage qu'il avait appliqué avec soin. Quelque chose de subtil, mais suffisant pour le faire apparaître meilleur qu'il ne l'était. Et pas de lunettes, exactement comme sa mère le souhaitait. Satisfaite, elle l'attira dans ses bras, ne prêtant aucune attention à la tension dans le corps de son enfant favori.

Son trésor rien qu'à elle, enfin plus pour très longtemps.

La demeure était tout aussi impressionnante que la leur, quoique le style était à l'opposé. Nori ne reconnu rien de familier dans cette bâtisse qui se dressait devant eux et qui les invitait à s'engouffrer à l'intérieur. Ne pouvait-il pas simplement disparaître dans un coin et ne revenir dans le monde réel que quelques années plus tard ? Non. Bon, dans ce cas, il lui faudrait affronter cette épreuve. Avec toute sa famille, même s'il se sentit seul une fois en face de leurs hôtes.

Dans son dos, une main se pressa entre ses omoplates, comme pour l'inviter à avancer un peu plus. Oh, c'était sa mère. Son expression paraissait trahir une certaine gêne, et Nori était étonné qu'elle soit autorisée à assister à ce qui risquait fortement de se terminer en un désastre. Mais, peut-être était-ce aussi une façon pour elle de couper le cordon. Ou pas, puisque sa main attrapa le tissu de son haut pour s'y accrocher. Heureusement, Suzu parvint à lui faire lâcher prise rapidement, sans quoi le benjamin de la fratrie aurait interprété le geste comme une invitation à se jeter par la première fenêtre venue.

Sauf qu'ils étaient au rez-de-chaussé, donc cela n'aurait pas été d'une grande utilité. Son père ne cessait de parler, encore et encore, et Nori avait cessé d'écouter après les banalités d'usage. Ce fut sans doute pour cela qu'un silence gêné s'installa quand ce fut à son tour de se présenter. Oh, oui, ça il pouvait sans doute le faire.

Il s'inclina, comme le voulait la coutume de son pays, pour ensuite se redresser et observer sa promise. Ou plutôt cette étrangère en face de lui. « Je suis Himura Nori, c'est un honneur de faire enfin votre connaissance. » Au moins, il n'avait pas exprimé son dégoût pour cette mascarade.

Un toussotement derrière le jeune homme (sans doute Aki qui aurait peut-être mieux fait de s'étouffer une bonne fois pour toutes) lui indiqua pourtant une bavure quelque part. Ah oui, ce détail.

« En fait c'est Noriyuki. » Il se corrigea, ayant pratiquement oublié son prénom dans son intégralité, puisque personne ne l'utilisait jamais. Le symbole pour Yuki qui voulait dire bonheur écrit comme il l'était dans son nom. Quelque chose de dérangeant pour celui qui ne pensait pas mériter une telle chance. Gêné, il croisa ses mains derrière son dos en retombant dans le silence.
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MessageSujet: Re: In Another Life, When We Are Both Cats | Olive&Nori   Mar 7 Fév - 21:35

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In another life, when we are both cats [Nori / Olive]
L

a lumière de l'aube se fraye un chemin entre les lourdes tentures crème, passant par la mince ouverture entre les rideaux de la fenêtre, tirés la veille à la va-vite. Balayant lentement la pièce au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel, indifférente à la jeune femme enfouie sous ses couvertures. Ce n'est que lorsque le rai de lumière finit par dévier vers le visage d'Olive, cheminant la long de sa joue jusqu'à arriver au niveau de sa paupière que la miss bougea enfin, se retournant dans un premier temps avant d'émerger peu à peu. Si ses paupières clignèrent plusieurs fois et que son cerveau dissipa la brume dans laquelle il errait jusqu'alors, le premier réflexe d'Olive fut néanmoins de se cacher la tête sous la couette en gémissant. On était Dimanche. En toute autre circonstance, elle aurait accueillit cette journée à bras ouverts. Entrer dans la vie active lui avait fait reconnaitre la réelle saveur de ces journées où les grasses matinées étaient quelque chose d'abordable. Pourtant, ce Dimanche, elle avait prié pour qu'il n'arrive jamais.
Qu'il se perde dans le cours du temps.
Qu'un cataclysme ne se déclenche et le fasse passer à la trappe.
Que ses parents l'oublie.

En vain. Le mécanisme du temps était bien huilé, et si quelqu'un était à ses commandes, il n'avait que faire des états d'âme d'une sorcière comme elle. Le seul fait majeur de la veille avait été les élections municipales d'Edale, Olive n'était même pas certaines qu'elle soit relatée autre part que dans le canard local… Quant à ses parents, sans doute ne lui faisaient-ils pas totalement confiance. Ils avaient insistés pour qu'elle vienne la veille et dorme à la maison familiale. Comme si la fuite était une option viable. Fuir… Et pour aller où ? Dans une grotte ? Sa situation pathétique la fit frémir alors qu'elle repoussait les draps, inspirant une goulée d'air plus fraîche que l'atmosphère lourde qui s'était créée sous sa couette.

Son regard se perdit au plafond, suivant mécaniquement le veinage de la poutre qui passait au dessus de son lit. La vérité, c'était qu'elle avait peur. Plus d'une fois cette semaine, Olive s'était réveillée en nage dans son lit. Dès qu'elle se laissait à penser un peu trop à ce qui l'attendait, ses gestes se mettaient à trembler et Aiden avait dû lui enlever des objets des mains à plusieurs reprises cette semaine. Ils l'avaient fiancée. Le choc qu'elle avait ressentit lorsque ses parents le lui avait annoncé ne s'était toujours pas estompé, ressurgissant à chaque fois qu'elle y pensait. Tel un caillou que l'on aurait jeté dans une mare et dont les ondes n'avaient pas encore disparues.

Naïvement, elle avait cru qu'elle y échapperait. Que la maladie qu'elle trimbalait depuis son enfant serait une défense suffisamment solide. Il fallait croire que non. Elle suspectait ses parents d'avoir commencés leurs recherches lorsqu'elle leur avait fait part de son désir de vivre à Londres et de travailler. La peur de savoir leur enfant seule en pleine capitale semblait finalement avoir supplantée celle que le futur-mari ne découvre le pot-aux-roses dans le cœur de Selma et Rigel Carrow.

Comment allait-elle faire ? La question tournait en boucle dans son esprit depuis une semaine. La proximité lui faisait peur et l'angoisse sourdait d'elle, se déversant sans la moindre gêne dans son quotidien. Elle avait vécut tellement d'années en cachant sa honte aux autres… Était-ce juste pour échouer dans quelques mois ? Le regard qu'elle récolterait alors l'effrayait bien plus qu'elle ne l'admettrait jamais.

A côté de cela, les autres questions qui voltigeaient dans sa tête lui semblaient dénuées d'intérêt. Qui était-il ? Parlerait-il anglais ? Le mari que ses parents avait dégotté pour Garance ne baragouinait que quelques mots dans leur langue et déblatérait ses phrases à toute vitesse en espagnol. Serait-il colérique ? Violent ? Voudrait-il des enfants d'elle ? Un haut de cœur eut raison de cette multitude de questions auxquelles Olive savait pertinemment être incapable d'apporter des réponses.

Prenant les devants pour ne pas que sa mère ne vienne y mettre son grain de sel, Olive récupéra une robe au hasard dans son dressing et, morose, prit le chemin de la salle de bain. Subitement, cette maison et ses couloirs semblaient être redevenus cette cage dorée qu'elle n'avait que trop arpentée plus jeune… L'arrivée de Selma dans le salon une vingtaine de minute plus tard la trouva assise à touiller son thé, les cheveux humides dégouttant dans son dos, humidifiant peu à peu la robe grise à manches longues qu'elle avait enfilée.

- Tu aurais pu faire un effort, râla sa mère en jetant un rapide sort de séchage sur la tignasse de sa fille. Sa main se posa sur l'épaule d'Olive et, sentant la tension qui y habitait elle continua, plus douce. Ça va bien se passer, tu verras…

Ne sachant que répondre, Olive se contenta de hocher la tête mécaniquement, le regard fixé sur les pancakes qu'elle ne parviendrait pas à ingurgiter. Renonçant finalement à ce simulacre de petit déjeuner, la jeune femme prit la poudre d'escampette en direction du salon et trouva refuge dans un ouvrage de médicomagie. Rien ne s'imprégnait dans son cerveau, et elle aurait pu tout aussi bien lire un quelconque bouquin écrit en hébreux que l'effet aurait été le même. Les mots défilaient devant ses prunelles sans qu'elle ne parvienne vraiment à en saisir le sens. Ce fut ainsi que Pollux trouva sa sœur, à tourner les pages sans but, avant qu'il ne la traîne pour jouer aux échecs contre lui sur la table basse. Comme si elle pouvait avoir le cœur à se lancer dans une partie… Et pourtant, en face d'elle, l'adolescent de quinze ans était diablement sérieux, remontant ses lunettes sur l'arête de son nez avant d'ordonner à un cavalier de se déplacer. Olive ne put s'empêcher de noter que sa mère avait du s'attaquer à ses cheveux, la raie qui délimitait les mèches blondes étant bien trop nette pour être le fruit de Pollux. Dire qu'ils avaient même été jusqu'à faire revenir son petit frère de Poudlard alors que sa sœur Garance, malgré sa non-activité de femme au foyer, avait simplement prétendue être trop fatiguée pour un voyage, arguant qu'elle supportait difficilement le décalage horaire… Elle avait beau faire, Olive ne comprenait pas sa sœur. Et cette incompréhension faisait qu'elle avait le plus grand mal à la supporter. La savoir à l'autre bout du monde lui allait parfaitement.

Elle s'apprêtait à perdre lamentablement quand la sonnerie de l'entrée retentit, manquant de lui faire faire une crise cardiaque. Silencieux et efficaces, Pixie et Hikins attendirent que l'ensemble des Carrow se soient massés dans l'entrée pour ouvrir la porte. Ils attendirent patiemment que leurs maîtres aient finis d'accueillir avant de se présenter pour récolter manteaux, chapeaux et autres accessoires que les invités voudraient bien leur abandonner pour aller les rangers à leurs places.

- Et voici ma fille, Olive.

Prononcé par son père, son prénom agit comme un déclic chez la principale concernée. Celle qui avait affiché un sourire trop léger pour être véritable sur ses lèvres s'inclina doucement devant les japonais qui venaient envahir sa demeure.

- Heureuse de vous rencontrer. Soyez les bienvenus chez nous.

Jamais de toute sa vie elle n'avait proféré pareil mensonge. Elle aurait voulu qu'ils s'en aillent. Que jamais ils ne mettent le pied à l'intérieur de ces murs, de cette cage étroite qui, elle s'en apercevait à présent, représentait tout de même un refuge pour elle. Sa curiosité lui fit néanmoins détailler lorsqu'elle se redressa l'inconnu à qui on allait sous peu la fiancer. De la famille Himura, elle ne connaissait que Aki, qu'elle avait croisé sans jamais vraiment prendre la peine de lui parler réellement. Quand on lui avait apprit cette histoire de mariage en lui parlant du frère d'Aki Himura, Olive s'était imaginé rencontrer quelqu'un approchant de la trentaine. L'homme en face d'elle lui donnait plutôt d'avoir à peu près son âge. Et la correction qu'il avait fait un peu plus tôt le faisait paraître plus… humain. A croire que son cerveau essayait d'aligner les points positifs pour juguler la masse de stress et d'anxiété de cette situation générait chez elle…

- Je vous en prie, entrez. Entrez, faites comme chez vous. Passons dans le salon, nous seront plus à l'aise pour discutez…

D'un coup d'œil à ses serviteurs, Selma Carrow fit passer l'ordre silencieux de préparer du thé et des petits gâteaux et le manège bien huilé des réceptions commença, les deux elfes filant à la cuisine sans qu'elle n'ait besoin de dire un mot. Aussi silencieuse qu'eux, Olive suivit le mouvement de foule, s'asseyant sur l'un des fauteuils au lieu de s'enfoncer dans l'un des canapés. Mais si ce stratagème l'empêchait d'avoir quelqu'un trop près d'elle, il avait tout de même ses limites. Que ce soit les fauteuils ou les deux canapés, tous étaient disposés en cercle autour d'une longue table basse, permettant à tout le monde de voir… tout le monde.

- Alors Noriyuki, que faites-vous dans la vie ? Un sourire engageant aux lèvres, Rigel tenta de lancer la conversation.

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MessageSujet: Re: In Another Life, When We Are Both Cats | Olive&Nori   Mar 7 Fév - 22:42

Qu'importe la chaleur apparente de l'accueil, tout ceci était fictif. Un peu comme une pièce de théâtre dont les acteurs n'avaient pas le droit de se lasser sous peine d'être escortés hors de la scène. Nori ne pourrait jamais se sentir à l'aise, lui qui redoutait tant les contacts physiques ou les attaques en tout genre au sujet de son mode de vie. Son père n'utilisait pas que sa voix pour intimider ceux envers qui il n'avait pas la moindre once de respect, et le jeune homme refusait de plier une fois de plus. Et pourtant, hurler aurait apporté une fin similaire, avec une autre marque brûlante sur sa joue. Par conséquent, il se força à apparaître différent qu'il l'était en son fort intérieur. Feindre un intérêt pour cette union aux allures de sentence éternelle n'était pas plus complexe que de subir les discours d'Aki pendant des heures.

Sauf qu'il n'avait plus de filet pour le retenir en cas d'erreur. Son regard évita sa promise pendant quelques minutes, le temps de se rendre au salon et de fuir ce hall qui commençait à lui paraître trop petit. Étrange, au vu de la taille imposante de la bâtisse. Sans doute que trop de personnes partageaient les lieux en même temps. D'ailleurs, Nori n'avait pas été informé de la vie de famille des Carrow outre mesure, et il détailla celui qui devait être le jeune frère de la demoiselle pendant la marche. Les lunettes risquaient de ne pas plaire à sa mère qui jugeait ce genre de détail inutile.

Après tout, pourquoi souhaiter voir un monde aussi tordu et s'enlaidir avec des verres trop épais ? Marchant devant sa génitrice, il sentit une fois encore sa tentative de lui attraper les mains qu'il tenait derrière son dos. Aki fut forcé d'intervenir, pour éviter qu'elle ne songe à supprimer son favori au lieu de le partager. Que les sangs-purs comme eux pouvaient être égoïstes. Des enfants capricieux incapables de se tendre leurs jouets sans les briser d'abord. Est-ce que les Carrow étaient ainsi eux aussi, à blesser leur propre famille pour assouvir une haine profonde du monde ?

Nori espérait de tout son cœur que non. Il était en mesure d'avoir une très forte empathie face aux personnes abusées, comme lui-même l'était depuis des années. Et cet adolescent et sa sœur méritaient sans doute mieux qu'un sort similaire pouvait signifier. Le Japonais se prenait la tête une fois encore, sans la moindre preuve. Et il se força à chasser cette cruelle éventualité de son esprit qui vagabondait de charybde en scylla, optant de se focaliser sur un détail bien différent.

Le canapé représentait un danger non prévu. Et il doutait d'atteindre un fauteuil sans se faire réprimander pour sa tendance à s'isoler des autres. Sans lui laisser le temps de réagir, et également pour éviter à leurs parents de prendre l'ascendant sur leur jeune frère, Suzu et Aki le tirèrent gentiment sur le canapé, le mettant entre eux. Un problème résolu rapidement, et sans la moindre victime. Cette position, en sandwich entre ses aînés, n'était pas habituelle. Ils n'étaient pas proches, et leur soudain intérêt pour sa survie lui sembla presque irréel. Bon, sans doute cela était-il une exagération au sujet de sa sœur. Aki, d'un autre côté, paraissait absorbé par la conversation avec leurs hôtes au lieu de le critiquer.

Un rare exemple de bonté de sa part, si l'on pouvait nommer ça ainsi. Les elfes de maison attisèrent la curiosité des Japonais, peu habitués à côtoyer de telles créatures. Aucun ne s'autorisa la moindre réflexion, et Suzu hésita sur l'attitude à adopter. Devaient-ils les remercier pour leurs services ? Aki secoua la tête d'une façon discrète pour indiquer que non. Aucun besoin de montrer du respect à ces créatures. Pendant que les aînés s'occupaient de tout ça, Nori en profita pour fourrer un biscuit dans sa bouche et espérer qu'il puisse s'étouffer avec. Une morte lente, mais toujours mieux que d'affronter ce qui était en train de se produire. Peut-être que cracher ses poumons lui permettrait de se réveiller de ce cauchemar absurde.

Malheureusement, Nori ne s'étouffa pas, bien contraire. Il savoura le biscuit jusqu'à se retrouver forcer de trouver une activité plus appropriée. La seule ayant un minimum d'intérêt était de faire connaissance, au moins visuellement, avec Olive. N'était-ce pas le nom d'un fruit ou quelque chose de similaire ? Oh, il n'en savait pas grand-chose. Ils avaient le temps d'apprendre à se connaître, bien que l'aîné ne souhaite absolument pas approfondir une quelconque relation entre eux. S'imaginer forcer d'être proche au sens charnel était pour le moins désobligeant.

Elle lui fit penser à l'Automne, comme une brise emplie de feuilles mortes vous glaçant les membres. Okay non, c'était insultant ça. Nori aurait bien voulu frapper son cerveau, mais cela était compliqué. Alors il se contenta de rester sur le début de sa phrase, et d'offrir à sa bien-aimée-qu'il-n'aimait-pas-encore-voir-même-jamais un hochement de tête. Une façon de suggérer que tout irait bien et que lui voulait juste qu'on le laisse rentrer chez lui.

Une question venait d'être posée, et Nori se souvint qu'il possédait des cordes vocales pour y répondre. Une légère pression contre son poignet (toujours Aki qui ne cessait de lui envoyer des signaux physiques pour qu'il se tienne à carreau) lui fit songer que son emploi actuel n'avait pas d'importance. Tout de moins celui qu'il exerçait à temps partiel.

Enfin, les deux étaient ainsi, sauf que l'un lui permettrait de se faire bien voir. « Je m'emploie à la sauvegarde de la magie auprès des mêmes personnes que vous. » Sans quoi Aki n'aurait pas pu les rencontrer. Était-ce à leur tour de dire quelque chose ? Est-ce que ce jeu de ping-pong verbal allait durer toute la journée ? A la recherche d'une échappatoire, Nori se tourna vers sa sœur aînée pour qu'elle vienne à son secours.

Son léger sourire encourageant n'était pas le soutien désiré, et Noriyuki en vint à la conclusion qu'il devait dire quelque chose. Et il décida de la seule phrase qui aurait pu déplaire à ses propres parents.

« Et de votre côté, Olive-san ? Quel est votre métier actuel ? » Une femme n'avait pas besoin d'un travail et, aux yeux des Himura, la jeune femme abandonnerait toute activité pour élever leurs enfants. Bambins qui ne verraient jamais le jour, puisque Nori était franchement contre l'idée.

Son dos s'appuya contre le dossier du fauteuil après qu'un elfe lui ait offert une tasse de thé. Un plutôt amer, puisqu'il refusa tout sucre. C'était ainsi qu'il appréciait ce type de boisson en général. Alors qu'il se mit à craindre le silence, son père dériva sur les bénéfices d'étendre les racines familiales et de les nouer entre les deux pays. Son fils s'autorisa un léger toussotement qu'il fit semblant de mettre sur le compte du thé. Comme si con côté xénophobe ne venait pas du patriarche qui voyait comme inférieur la majorité des gens qui ne partageaient pas leur ethnie.

Il enchaîna ensuite sur l'importance pour Nori de trouver une bonne épouse du haut de ses vingt-six ans, car un mariage apportait la stabilité et le bonheur. Visiblement, ce type n'avait jamais regardé ses propres échecs en face. Noriyuki se garda bien de l'interrompre, ne souhaitant pas s'attirer des problèmes.
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MessageSujet: Re: In Another Life, When We Are Both Cats | Olive&Nori   Lun 13 Fév - 0:12

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In another life, when we are both cats [Nori / Olive]
L'

envie de poser les pieds sur le rebord du fauteuil la prit, comme si le fait de ramener ses genoux contre elle, de ramasser son corps en une boule compacte, était un procédé destiné à mieux la protéger contre toutes les agressions du monde extérieur. Et pourtant, ses pieds restèrent ancrés dans le sol, ses chaussons noirs immobiles sur le parquet. C'était impoli. Sa mère la reprenait à chaque fois qu'elle la surprenait dans cette position, même si aucun invité n'était présent. Même si elle se trouvait seule dans la pièce en question. Alors devant sa future-belle famille, Selma Carrow ne saurait tolérer cet affront de la part de sa fille cadette. Il lui faudrait attendre d'être rentrée chez elle. Dans son appartement londonien, bien plus petit que l'imposante demeure, mais où elle était libre d'agir comme elle l'entendait. Là bas, elle laisserait les battements de son cœur s'affoler à leurs aises. Là bas, elle se roulerait en boule dans le lit et resterait un long moment ainsi, immobile et silencieuse, sans que personne ne puisse rien lui dire. La solitude avait du bon. Quand personne ne peut ni vous voir, ni vous juger. Quand vous êtes votre propre témoin. Votre uniquement témoin. Alors tous vos faits et gestes ne peuvent être qu'un mauvais rêve. Qu'il suffit d'oublier.

Elle aurait aimé qu'une bulle imperméable se crée autours de son fauteuil. S'isoler de cette affreuse mascarade qui lui mettait le cœur au bord des lèvres. De ses parents, qui l'avait vendue sans la mettre dans la confidence. De ces gens, qu'elle n'avait jamais vu et n'avait pas l'envie de connaitre. Et de cet homme, coincé entre son frère et sa sœur. Leur lien familial lui sautait aux yeux. Peut être à cause de leur origine japonaise. Si on lui avait mis cote à cote des japonais qui ne se connaissait ni d'Ève ni d'Adam, les aurait-elle considéré comme étant de la même famille ? Olive n'en savait rien, et le doute resterait présent.

Elle était en train de le dévisager, pensive, lorsqu'il avait relevé les yeux et lui avait adressé un signe de tête. Et s'était retrouvée dans l'incapacité de comprendre le sens caché derrière ce geste, qu'elle n'avait prit que pour une deuxième salutation, peut être plus discrète et plus personnelle. En revanche, avoir été surprise à le regarder avait été une mauvaise surprise pour elle. Sans doute était-ce normal, en de telles circonstances, qu'elle s'intéresse à celui qu'on avait désigné pour partager ce qu'il lui restait de vie. Et pourtant, Olive aurait préféré qu'il continue à mâchonner son biscuit en regardant par terre… Heureusement, son père détourna l'attention du japonais. Heureusement pour elle. Lui devait sans doute utiliser un autre adverbe…

- Je m'emploie à la sauvegarde de la magie auprès des mêmes personnes que vous. Et de votre côté, Olive-san ? Quel est votre métier actuel ?

Et boum, passage de la patate chaude ! Elle resta un court instant bouche bée. Elle aurait dû s'y attendre. C'était certes la technique des faibles de reposer exactement la même question, mais c'était généralement de cette façon que les conversations se déroulaient. Ca va ? Oui et toi ? Ca va. Quoi de beau ? Rien et toi ? Rien. Ping pong. Sa main gauche lissa mécaniquement sa robe de sorcière sur ses cuisses alors qu'elle prenait la parole.

- Je suis stagiaire à l'hôpital en ce moment. J'ai encore beaucoup à apprendre.

Inutile à ses yeux de préciser de quel hôpital il s'agissait. En Angleterre, il n'y avait que l'hôpital de Ste Mangouste. Et pour Olive, il  n'était juste pas envisageable qu'elle travaille dans un établissement Moldu. Sans doute aurait-elle dû préciser le nom néanmoins, puisque les occupants du salon n'étaient pas tous anglais. Mais lorsque cette pensée fit son apparition dans sa tête, ses lèvres s'étaient déjà refermée, et elle ne se sentait pas ni le courage, ni la volonté d'apporter une précision à ce qu'elle venait de dire.

Elle ne prit pas la peine de relancer et Noriyuki ne posa pas d'autres questions. La conversation entre eux mourut lentement tandis que leurs pères respectifs se lançaient dans une grande discussion, portant sur les atouts que présentaient un tel mariage. Ils en étaient venus à des sujets bien plus anodins tels que le temps en Angleterre et les différents établissements susceptibles de générer des profits si l'on décidait d'y investir lorsque Selma prit la parole à son tour.

- Je pense que nous devrions laisser Noriyuki et Olive faire plus ample connaissance. Pourquoi ne lui ferait-tu pas visiter la bibliothèque, ma chérie ?

A comprendre, les grandes personnes doivent parler business, et ce n'est pas convenable d'aborder ce sujet devant les enfants sur lesquels on génère ledit business. Rigel approuva la proposition de sa femme en l'accueillant d'un sourire, mais Olive ne bougea pas avant que la famille Himura n'ait donné son accord. Il ne manquerait plus qu'elle contrevienne à une quelconque tradition qui interdirait par exemple de laisser les futurs mariés seuls dans une même pièce, ou quoique ce soit du genre. Quoique vu l'expression que Pollux lui lança, il ne ferait nul doute qu'il saisirait la première occasion pour venir les rejoindre. Ce genre de réunion ne l'intéressait pas le moins du monde, et son jeune frère semblait plus que pressé d'en être débarrassé.

Elle se leva finalement, quittant sans trop de regrets son fauteuil si cela lui permettait de quitter cette pièce où trop de regards curieux venaient s'attarder sur elle. D'un geste, la jeune femme invita le japonais à la suivre alors qu'elle s'éloigna silencieusement, forçant un sourire à apparaître sur ses lèvres pour la forme. Ainsi, il faisait partie du même groupe qu'eux ? Son père apportait un support financier à Supremacy of pure magical blood et si ni sa mère ni son frère n'y participaient activement, Olive s'y était engagée il y avait bien deux ans, convaincue de l'importance d'agir. Elle ne mettait pas souvent les pieds aux réunions, certes. Peut être y avait-elle vu son fiancé sans pouvoir le reconnaître à présent qu'elle pouvait mettre un nom sur son visage. En revanche, voir le profil d'Aki alors qu'elle passait derrière le canapé pour rejoindre la pièce attenante lui fit comme un flash dans la mémoire. Lui, elle l'avait déjà vu. Plusieurs fois. Mais jamais elle n'avait été lui adresser la parole. Sans doute ses parents avaient-il rendus ces fiançailles possibles par la rencontre de son père et du grand-frère Himura…

Poussant finalement la porte, Olive s'effaça pour laissa Noriyuki la précéder dans la pièce avant de s'y glisser à son tour et de refermer le battant. La bibliothèque n'avait ce nom que pour la différencier du salon. Dans l'une comme dans l'autre, plusieurs meubles contenant des livres s'y trouvaient. La seule différence résidait dans le fait que la bibliothèque était de taille plus réduite et que seule une table et des chaises y figuraient, laissant les canapés, fauteuils et tables basses au salon. Et, trônant sur la table, le jeu d'échec où sa défaite contre Pollux n'attendait que le retour des joueurs pour s'opérer…

S'approchant du meuble, Olive laissa glisser ses doigts le long du rebord avant de saisir un cavalier qui rouspéta énergiquement. Pensive, elle examina un instant la pièce, la faisant rouler entre ses doigts.

- Vous savez jouer aux échecs ?

Il fallait bien passer le temps…
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MessageSujet: Re: In Another Life, When We Are Both Cats | Olive&Nori   Lun 20 Fév - 21:18

Tout allait mal tourner. Aucun besoin de lire dans le fond de sa tasse, et encore moins de sortir ses cartes fétiches de sa poche. Rien de tout cela ne pouvait être un bon présage, ce n'était qu'une nouvelle excuse de la part de ses géniteurs pour le garder dans une cage donc il rongerait les barreaux jusqu'à l’empoisonnement au plomb ou à tout autre matériau toxique. Cela aurait très bien pu être leur but, puisqu'une quelconque progéniture avec quelqu'un ne partageant par leur ethnie n'aurait qu'un faible impact sur la branche Japonaise de la famille. Même le sang le plus pur aurait pu être rejeté dans un tel cas, juste à cause d'un gêne différent. Plus ses parents conversaient avec l'ennemi, plus Noriyuki autorisait son esprit à vagabonder. Quel besoin de le marier, alors qu'il n'était même pas sûr de vouloir atteindre son prochain anniversaire tant tout lui tapait sur le système depuis des années ? Comme s'il n'était pas en mesure d'exister sans une moitié greffée à lui sans son autorisation.

Après quelques instants perdu dans son monde, le Japonais perdit l'envie de faire le moindre effort pour contenter sa famille ou celle de sa promise. Surtout qu'elle était médicomage, ou proche de devenir un truc du genre Ne méritait-elle pas un homme influent qui ne serait jamais présent et qui lui ficherait la paix ? Au lieu d'une créature à l'esprit torturé qui travaillait dans la taverne du coin pour un salaire médiocre ? Bien sûr, Olive n'avait aucun besoin de savoir ces détails, mais il les lui confierait quand même. Juste pour la faire fuir et prétendre que ce n'était pas de sa faute.

S'il n'avait pas été un sang impur, Aiden aurait sans doute été un meilleur parti. Quoiqu'il doutait que les deux puissent s'entendre, en tout cas si la jeune femme était comme Noriyuki, qui commettait trop d'erreurs dénuées d'excuses. Ses doigts passèrent plusieurs fois devant son regard tandis qu'il observait ses ongles peints d'un bleu sombre qui reflétait sans doute bien ses sentiments. Une fois de plus, il avait l'impression d'être un poulpe échoué sur une plage sans possibilité de se hisser dans l'eau pour rester en vie. Tout allait bien. Mais ça ne durerait pas.

Quelqu'un gâchait toujours tout.

Ce fut la mère de famille qui s'en chargea, cette fois là. L'aîné n'était pas motivé à la l'idée de se retrouver en tête à tête, mais déjà son frère et sa sœur avaient décidé de l'abandonner. Sans doute jugeaient-ils qu'il s'en sortirait assez bien pour ne pas se prendre un coup de livre. Une trahison qu'il fit bien sentir à Aki en lui marchant sur le pied en se redressant tandis que les autres restaient assis. Comme c'était dommage pour les chaussures neuves de son grand-frère adoré. Content de son acte malveillant, Noriyuki laissa un léger soupir lui échapper pour ensuite suivre la jeune femme.

Son comportement risquait de déplaire fortement à son père, alors il se força à lui sourire de nouveau. Juste pour sauver les apparences. Sauf qu'à ce niveau là, Olive risquait de ne pas non plus faire preuve d'une intense motivation une fois seule avec son invité. La bibliothèque pourrait toujours leur servir de refuge un moment. Nori s'imagina tenir un siège avec sa fiancée jusqu'à l'annulation du mariage, balançant les bouquins innocents sur ceux qui tenteraient d'entrer.

Ridicule. Les lois magiques ne fonctionnaient pas ainsi. Et, une fois dans le lieu, il fut étonné par sa taille. Sans doute imaginait-il quelque chose de plus ambitieux. Des livres à perte de vue, et des fauteuils luxueux. Pas que la salle plus modeste en face de lui le dérangea. Au contraire, c'était plus propice au repos et au silence. D'ailleurs, le Japonais se dirigea vers les différentes étagères, les parcourant du regard sans un mot. Ses doigts glissèrent sur les couvertures les plus anciennes, appréciant leur texture différente des ouvrages plus modernes. Lire n'était certes pas sa plus grande passion, mais la tension prisonnière de son corps commença à s'effacer. Et, lorsque la voix d'Olive se fit entendre, Nori fut en mesure de lui prêter attention sans chercher à s'enfermer dans un acte de rébellion futile.

« Pas vraiment. Mon frère joue très bien, et m'a enseigné les règles. Cependant je ne pratique pas. » Ou plutôt l'idée même de passer du temps seul avec son aîné lui donnait envie de balancer les pièces de l’échiquier par la première fenêtre venue. Jouer sans lunettes risquait aussi de l'épuiser, bien que Noriyuki soit habitué à ne jamais les porter. Il s'avança cependant vers la table, tirant une chaise pour s'y asseoir. Olive venait bien de l'inviter à terminer cette partie ? Dans le cas contraire, il risquait de paraître bien impoli. Trop tard pour reculer, et il se demanda qui avait commencé le jeu.

Peut-être Olive et son jeune frère. Ou bien ses parents. Dans tous les cas, Noriyuki ne comptait pas écraser son adversaire. Nerveusement, l'aîné porta sa main à ses lèvres, mordillant le bout de ses doigts. A la seconde où il réalisa que son comportement était déplacé, le Japonais baissa brusquement sa main pour la cacher sous la table.

Était-ce le moment pour instaurer des règles entre eux ? Ou fallait-il attendre un peu qu'ils se connaissent ? Au moins, Noriyuki avait retenu son prénom et emploi. Le reste lui paraissait trop chimérique et lointain pour qu'il s'y intéresse véritablement. Un peu comme si rien de tout ça ne représentait la réalité. Ce n'était qu'un rêve prémonitoire qui avait tourné au cauchemar. Silencieux pendant un moment, il tenta de se souvenir du nom de chaque pièce sur le plateau en face de lui.

Certaines étaient simples, d'autres dénuées de sens. Et puis ce n'était pas comme si Aki allait soudainement apparaître pour le sermonner au sujet de son incapacité à retenir des règles simples. Ce cher frère, si parfait. Celui qui ne connaissait pas l'échec. Si Olive était également ainsi, Nori risquait bien de ne pas le supporter. En un sens, le plus âgé était faible mentalement, cherchant à ne pas se faire écraser par les autres.

« Je ne supporte pas qu'on me touche. » Tiens, les mots étaient sortis sans crier gare. Sa foutue honnêteté avait encore frappé. Au moins, maintenant qu'il avait avoué ce qui risquait de poser le plus de problème dans le plan parental, Noriyuki se sentait un peu mieux. Assez pour se demander si c'était à son tour de jouer ou à celui de sa compagne. Au moins, s'ils passaient leur journée ainsi, rien d'autre n'aurait besoin d'être dit. Une façon idéale de fuir leur responsabilités et le futur.
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MessageSujet: Re: In Another Life, When We Are Both Cats | Olive&Nori   Dim 26 Fév - 1:12

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In another life, when we are both cats
[Nori / Olive]
E

lle s'était glissée dans la pièce à sa suite, silencieusement. Ses doigts avaient agrippés la poignée de la porte et l'avaient tirée. Lentement, jusqu'à ce que le mécanisme de la porte ne se referme derrière elle avec un léger bruit. Fermer cette porte avait quelque chose de apaisant. Mettre une place une barrière entre ce monde d'adulte et l'espèce de retraite que leur offrait temporairement la bibliothèque. Une barrière entre eux et les problèmes, bien trop réels, qui les attendaient. C'était juste dommage que sa seule défense ne consiste qu'en un vulgaire panneau de bois qu'un sortilège bien choisi n'aurait aucun mal à briser en mille éclats…

Ses phalanges quittèrent finalement la poignée cuivrée, se rassemblant alors qu'Olive croisait les bras sous sa poitrine. Elle ne fit qu'un pas en avant, ses prunelles fixant le dos du Japonais alors qu'il découvrait l'endroit, laissant ses doigts effleurer le dos des livres. Il avait l'air d'un chat, qui explorait son nouvel environnement. Méthodiquement. Avec prudence. Qu'allait-elle faire ? Ou plutôt, qu'allaient-ils faire ? Car si Olive avait l'habitude de penser au singulier, il n'en demeurait pas moins qu'ils étaient deux à plonger dans cette mélasse trop épaisse qu'était ces fiançailles… Il était resté poli. Respectueux. Et pourtant, son attitude clamait qu'il aurait préféré se trouver à n'importe quel endroit. Ou plutôt dans n'importe quelle autre situation que celle d'une présentation de fiançailles. A moins que son éducation étrangère ne fasse qu'elle interprète mal. Ce n'était pas à exclure, et cette idée arracha un rapide soupir à Olive. Sa sœur avait dû avoir tellement de problèmes… Au moins, Noriyuki parlait anglais. Avec un accent marqué, certes. Mais ils pourraient se comprendre. Et c'était déjà un avantage non négligeable dans l'équation compliquée de ce qui allait devenir son futur.

Restait à prendre les choses en mains. Si ses parents venaient de décider sans lui demander son avis sur la question, elle ne comptait pas non plus rester les bras ballants à attendre que la catastrophe lui tombe sur la tête. S'ils l'avaient mise dans la confidence plus tôt, sans doute aurait-elle débattu longuement avec eux pour tenter de les faire changer d'avis. Ne pas avoir été concerté lui laissait un gout amer dans la bouche. Ce qui était fait, elle ne pouvait que l'accepter. Elle était fiancée, même si ce mot lui déclenchait des frissons et hérissait les poils de ses avant-bras. En revanche, elle pouvait toujours poser des limites. Des conditions. Ses pas l'avaient menée jusqu'à la table, sa main gauche tenant le cavalier de Pollux dans lequel ses yeux s'étaient plongés. Sa vie n'était qu'un vaste jeu d'échecs. Il ne lui restait plus qu'à tout faire pour en ressortir gagnante. Sa tentative d'engager la discussion se solda par un semblant de victoire. Il connaissait le jeu. N'y jouait pas. Mais vint toutefois prendre place à la table en face d'elle. C'était tout ce qu'elle voulait, au fond. Qu'ils soient là, face à face, et qu'ils ne puisse pas fuir, ni l'un ni l'autre. Le temps de mettre au point un plan d'attaque. Elle prit place à son tour sur la chaise vide qu'elle occupait tout à l'heure. Il avait l'air mal à l'aise. Et lorsque la main qu'il mordillait disparut précipitamment sous la table, Olive dû prendre sur elle pour que ses lèvres n'esquissent pas un léger sourire. Il n'était pas chez lui. Dans un sens, cela rendait la tâche de Noriyuki plus difficile et la sienne plus supportable. Le silence s'étira entre eux, jusqu'à ce qu'il prenne sur lui de le briser, relançant le semblant de conversation entre eux.

- Je ne supporte pas qu'on me touche.

Elle ne s'était pas attendu à ça. Marquant un temps d'arrêt, ses sourcils se haussèrent un court instant alors que ses pensées s'affolèrent, cherchant à réorganiser les différentes informations dont elle disposait.

- Tant mieux.

Trop franche. Elle aurait sûrement dû dire autre chose. Sans doute que ses parents se seraient offusqués. A la fois de ce problème et de la façon dont Olive venait de lui répondre. Comme si cela n'avait que peu d'importance. Elle venait de minimiser un problème qui hantait sûrement Noriyuki chaque jour de sa vie. De le balayer d'un revers de la main, de le traiter comme quantité négligeable.

Peut être que sa réaction le soulagerait d'un poids. Elle ne le toucherait pas, s'il le souhaitait. Dans un certain sens, il n'avait rien à craindre d'elle. La jeune femme n'avait jamais vraiment recherché le contact avec les autres. S'en passer ne la gênerait pas le moins du monde.
Ou peut être qu'elle le rongerait. S'il attendait de la compassion ou un support, il frappait à la mauvaise porte. Il n'était qu'un inconnu à ses yeux. Une silhouette encore un peu trop floue, à laquelle on avait accroché une étiquette où de jolies lettres déliées formaient le mot Fiancé. Peut être plus tard. Lorsqu'elle le connaitrait d'avantage. Peut être, alors, pourra t-elle lui offrir une épaule sur laquelle s'appuyer. Mais ce temps là n'était pas venu, encore perdu dans les limbes d'un futur trop hypothétique pour être interprété clairement.

Non. Pas d'intérêt, hormis la vague de soulagement qui déferla en elle. Un changement s'opéra alors dans la partie d'échecs qu'elle s'apprêtait à disputer. Peut être… Peut être que Noriyuki n'était pas l'adversaire qu'elle devrait combattre. Peut être que celui qu'elle prenait pour un ennemi était en réalité un allié potentiel…

- Je ne veux pas d'enfants. Ni maintenant, ni jamais.

Autant rendre les choses claires entre eux. C'était sa condition. L'unique. Celle pour laquelle elle se battrait corps et âme. Celle pour laquelle Olive était capable d'user de tous les stratagèmes à sa disposition pour faire capoter ce mariage en devenir si Noriyuki s'y opposait. Ses prunelles s'étaient fixées sur celles du japonais, y cherchant le moindre signe. La plus infime trace de désapprobation.

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MessageSujet: Re: In Another Life, When We Are Both Cats | Olive&Nori   Jeu 9 Mar - 2:49

Combien de temps allaient-ils jouer le jeu de leurs parents avant de réaliser que ça ne serait jamais qu'une solution temporaire ? Oh, bien sûr, c'était l'unique manière d'exister qu'ils connaissaient, eux les gosses élevés avec une cuillère en argent dans la bouche. Cependant, Noriyuki restait convaincu que tout ça, c'était de la merde. Un mariage forcé ne changerait rien à son avenir, puisque aucune descendance ne naîtrait d'une telle union. Dans le meilleur des cas, les époux communiqueraient aussi peu que possible sans se marcher sur les pieds. Alors à quoi bon être aussi stressé, au point d'avoir envie de se mordre les doigts jusqu'au sang ? Son esprit ne supportait visiblement pas d'être ainsi poussé dans une impasse.

Dommage, parce que maintenant que le Japonais s'était foutu dans ce foutoir en ne fuyant pas face à son destin, il risquait d'avoir du mal à en réchapper. Ce n'était pas comme s'il croyait avoir un avenir en dehors des ordres du paternel, mais tout de même. Il y avait quelque chose d'intolérable dans le fait d'être aussi défaitiste. Ses mains, croisées sous la table, se pressèrent l'une contre l'autre assez fort pour rendre sa peau plus pâle que d'ordinaire, signe flagrant que ça n'allait pas fort.

Enfin, ça c'était déjà parfaitement visible. La demoiselle ne semblait pas franchement passer le plus beau jour de son existence non plus. Quelle tragédie, il avait trop de rancœur envers ses proches pour ressentir de la véritable compassion. Comme si la colère gagnait du terrain au fur et à mesure de sa visite dans l'antre de la diablesse. Il aurait voulu renverser toutes les pièces d'un coup, avec le bout de ses doigts. Sauf que Noriyuki n'était pas forcément un idiot. Et il se retint de gâcher l'harmonie passagère qui se construisait entre eux.

« Moi non plus~ Jamais. » Noriyuki répéta le mot employé par Olive pour souligner l'importance de cette promesse qu'ils se faisaient. Aucune progéniture pour eux, sauf peut-être un animal de compagnie qu'ils pourraient chouchouter. Quoique si ça se trouve elle était allergique aux bestioles à fourrure. Dans ce cas là, le Japonais risquait de devoir demander le divorce encore plus rapidement que prévu. Le jeune homme retira enfin ses mains de leur cachette. Oh, il y avait une marque sur l'un de ses ongles où le vernis avait été abîmé. Sans doute était-ce vain, mais il tira un flacon de sa poche.

Avec soin, l'asiatique appliqua une couche par-dessus la première, pour masquer la blessure de guerre qu'il avait causé sans le vouloir. Presque immédiatement après avoir écouté sa fiancée, il avait détourné le regard, refusant ce genre de contact visuel qu'il abhorrait depuis toujours. Sans compter que ses ongles lui semblaient plus fascinants que le regard sombre de la jeune femme. Celui d'Aiden était plus doux, plus accueillant. Sans doute que l'instant était mal choisi pour parler de sa rencontre d'un soir.

Noriyuki ignorait de quoi ils auraient bien pu parler après ça, et il se contenta de pousser un pion vers l'avant lorsque ce fut son tour. Pour être honnête, gagner en tant que débutant aurait été complexe, et il se contenta de prendre un pion pour faire croire qu'il y mettait du sien. Alors qu'en vérité, ce n'était pas vraiment le cas. Aki aurait fait un adversaire tellement plus avisé. Quel dommage que ce crétin soit déjà marié. Quoique non, dans tous les cas, jamais on n'aurait refilé une étrangère au fils aîné. Ça ne se faisait pas, de gâcher ainsi le sang familial.

Puisqu'on parlait ainsi du loup, il décida de se montrer, après un coup discret contre la porte. Ainsi, la confiance était une valeur égarée et personne ne croyait Noriyuki capable de rester seul sans avoir un comportement déplacé. Enfin non, le benjamin des Himura était mauvaise langue, pour le coup. Au vu de l'allure digne d'Aki lorsqu'il se glissa à l'intérieur, quelque chose s'était passé. Ou risquait d'arriver dans les plus brefs délais.

La boîte qu'il tenait dans ses bras était couverte d'un sublime ruban bleu, assorti aux ongles de son frère. Confus, Nori resta silencieux un moment, se demandant bien quelle tradition était en train de se produire sous ses yeux. Sans doute un truc important dont il ignorait l'existence. Pour être franc, le cadet fut un peu vexé quand son frère décida de poser la boîte vers sa promise au lieu de sa personne. Même si le présent était fragile, cela ne signifiait pas qu'il l'aurait brisé dans la minute.

« Veuillez accepter ce présent, pour célébrer votre future union. J'ai, je l'espère, fait un choix qui vous plaira à tous les deux. » Croisant ses bras derrière son dos après avoir déposé le paquet sur un coin de la table, Aki fit un pas en arrière. Il décida cependant d'attendre la réaction des fiancés pour quitter la pièce.

Agacé par sa présence, Nori se leva pour retirer le ruban lui-même, ne laissant pas le temps à Olive de faire quoi que ce soit. Le toussotement dans sa direction indiqua clairement que ce n'était pas à lui d'ouvrir totalement le présent et il décida d'obéir, à contrecœur. Noriyuki enroula la pièce de tissu autour de sa main, admirant sa teinte sombre et se perdant dans cette vision pendant quelques secondes.

Un léger mouvement en provenance du paquet attira alors son attention, et son regard se tourna vers Olive, attendant qu'elle révèle la surprise qui les attendait.
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