Partagez | 
 

 Who the hell are you, anyway ? {Emily.}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar


Citoyen + Magic in my veins

+ avatar : Johnny Depp
+ photo :
+ âge : 48 printemps
+ messages : 56
+ date d'inscription : 02/05/2017
+ commentaires : En prison, on vous apporte des oranges... A Mangouste, on m'apporte des cachets !

MessageSujet: Who the hell are you, anyway ? {Emily.}   Sam 6 Mai - 15:17


A shadow of the past


« NON ! »

La sueur froide lui collait les cheveux sur le front tandis qu’il se redressait en ouvrant vivement les yeux. Ce n’était qu’un rêve. Inspirant profondément pour tenter de calmer son pouls devenu fou par les images qu’il revivait à nouveau, le sorcier sorti les jambes de son lit et se prit le visage entre les mains. Il lui fallait le contact froid du carrelage sous la plante de ses pieds pour parvenir à revenir complètement à la réalité. Sainte Mangouste. La geôle lui servant de chambre, le personnel discret et empathique… mais pas assez pour libérer un homme sain d’esprit. Il n’était pourtant ni un danger pour les autres, ni pour lui-même… Tout juste était-il une espèce de puzzle dont on avait perdu les pièces des dernières années de sa vie… Et dans le fond… Quand on connaissait son histoire, était ce bien nécessaire de les retrouver ? C’était à parier, mais rien de bon n’en ressortirait, Jamie le savait. Alors pourquoi s’obstinaient-ils à le garder ?

Les sourcils froncés et le regard circulant le long des joints qui serpentaient entre chaque carré de porcelaine, le sorcier fit à nouveau un effort pour tenter d’entrer en contact avec sa mémoire vacillante. Presqu’immédiatement, un bourdonnement se fit entendre au creux de ses oreilles, comme si un essaim d’abeilles menaçantes était en approche. Enfonçant ses ongles dans le cuir chevelu, Jamie se leva de sa position assise tandis qu’il tentait de s’enfoncer plus profondément dans ses souvenirs. Il voulait comprendre, il le fallait. Sa liberté en dépendait, peut-être même sa vie.

Pourtant, la magie, qui retenait sa mémoire captive, n’était pas du même avis. Le bourdonnement qui devait lui servir de mise en garde s’amplifia encore tandis que ses synapse s’affolaient et envoyaient des messages d’alertes à tout son cerveau. S’il cherchait à forcer le blindage du sort, il allait encore souffrir… Devenu inconscient du reste du monde, Jamie s’était mis à marcher au travers de la pièce, tournant en rond comme un poisson dans un bocal. La crise était en marche et si personne ne le ramenait à temps, il ne s’en sortirait pas seul. C’était devenu une évidence dés le moment où il avait décidé de quitter la réalité pour s’introduire encore plus profondément dans son mental. Sans encrage il partait à la dérive mais rien en le retenait dans le présent, alors pourquoi s’en empêcher ?

Ses neurones s’illuminèrent comme une guirlande sur un sapin de Noël, son souffle se bloqua dans sa gorge alors que le sort s’enroulait tout autour de son esprit, tel un serpent affamé, prêt à étouffer sa proie. Jamie senti alors quelque chose d’humide couler le long de son front. Une sensation étrange, venue de l’extérieur de son esprit. Surpris et manquant de plus en plus d’air, il se senti perdre sa concentration et comme tiré fortement en arrière.

Toute la lutte s’était déroulée dans sa tête. Ou presque. Se retrouvant affalé au pied du mur et les mains pleines de sang, Jamie comprit qu’il s’était enfoncé les ongles un peu trop fort le long de ses tempes. Si bien que des plaies rougeâtres encadraient son visage tandis que du sang coulait depuis son arcade sourcilière droite jusque dans son cou. Sans doute avait-il rencontré l’un des murs de trop près et avec trop de violence…

Retrouvant peu à peu son souffle, Jamie put à nouveau entendre le tic tac indifférent de l’horloge qui surplombait la porte de sa chambre. A n’en pas douter, l’heure était venue… La seule femme à lui rendre visite, en dehors de l’annuelle de sa mère, allait faire sont entrée. Une belle médicomage qui semblait toujours vouloir tellement plus que ce qu’un docteur attendait. Pourquoi tenait-elle tant à continuer à travailler avec lui ? Il ne faisait aucun progrès, se montrait souvent suspicieux envers elle et d’ailleurs, dans tous les sens du terme, il n’était pas ce qu’on peut appeler un patient de bonne compagnie…

AVENGEDINCHAINS


C’est seulement quand on a tout perdu qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


Citoyen + Magic in my veins

+ avatar : Angelina Jolie
+ photo :
+ âge : 41 ans
+ messages : 209
+ date d'inscription : 29/12/2016

MessageSujet: Re: Who the hell are you, anyway ? {Emily.}   Sam 6 Mai - 16:52



Dépitée par une journée de travail qui ne s’était pas tout à fait déroulée comme prévu et préoccupée par des enjeux qui dépassaient de loin ses responsabilités au sein de l’hôpital, la brune se contenta d’adresser un sourire figé à ses collègues pour les saluer et s’empressa de rejoindre les vestiaires. Certains jours, la haine que lui inspiraient ses patients menaçait de déborder, et si elle s’autorisait de temps à autre à en laisser un ou deux plus tourmentés qu’ils ne l’étaient avant leur arrivée en ces lieux austères, elle s’efforçait à la modération. Personne n’apprécierait de découvrir ses petites manigances au sein de l’institution, et ne pas se faire remarquer outre mesure restait sa meilleure de conserver son cher secret. Jusque-là, ses supérieurs ne lui avaient jamais posé le moindre problème, et mieux valait pour eux qu’ils continuent à ne pas regarder de trop près ses activités, sans quoi elle se verrait forcée de prendre une place qui ne lui plaisait pas. Poussant un soupir plein de lassitude, elle se débarrassa rapidement de sa blouse et la balança négligemment à travers la pièce, ne prenant pas même la peine de la ranger à sa place. Appuyée contre le casier réglementaire, quelques instants lui furent nécessaires pour se détendre. Il lui restait encore quelque chose à accomplir. L’heure était venue.

Prise par l’envie soudaine de découvrir quelles idées sournoises son fils avait eu pendant son absence, elle se précipita vers les escaliers pour monter au dernier étage. Il fallait admettre que ces derniers temps, Lestat déployait une imagination sombre qui enchantait ses soirées et ne manquait pas d’attirer le regard débordant de fierté de son père. Au moins était-il le seul véritable réconfort d’une vie qui lui semblait aujourd’hui avoir perdu tout son éclat. La richesse, le prestige, la beauté, tout cela n’était que l’expression d’une vanité vide de sens, et elle se sentait glisser peu à peu vers une magie dévastatrice qui dévorait coeur et esprit. Un jour, elle perdrait le contrôle. Cela ne l’effrayait même pas. D’un air faussement tranquille, elle se dirigea vers le fond du couloir sans prêter la moindre attention aux autres cellules. Souvent, Emily se disait que le trépas était une fin plus douce que moisir entre ces murs, et il lui arrivait même d’être saisie par un étrange remords qui la faisait douter de son choix. Dans ces heures confuses, elle ne quittait pas des yeux la clef de Jamie, comme pour s’assurer qu’il ne lui échapperait jamais. S’arrêtant devant la fameuse porte, elle posa la main sur la poignée.

Avec précaution, la sorcière pénétra dans la pièce et referma aussitôt, attentive au moindre détail. Cela faisait un certain temps qu’il ne tentait plus de s’échapper, et pourtant, elle se méfiait de cette résignation apparente, convaincue qu’il ne tarderait pas à recommencer. « Bonjour, Jamie. » Il semblait l’attendre. Peut-être sa lucidité avait-elle décidé de se manifester. Sans attendre qu’il lui réponde, elle ouvrit l’un des tiroirs du bureau pour y récupérer un désinfectant. Après tout, même si elle lui rendait visite en tant que prétendue amie, elle ne rechignait jamais à s’occuper de lui plus que nécessaire. S’il finissait par recouvrer la mémoire, elle préférait qu’il ne la mette pas du mauvais côté de la barrière. « Je suis toujours surprise que tu arrives à te blesser aussi souvent. On pourrait presque croire que tu aimes ça. » Un sourire amusé aux lèvres, elle s’agenouilla à côté de lui, oubliant toute prudence. De toute manière, il savait se montrer raisonnable, et elle ne lui voulait aucun mal. Sa main se leva vers l’une des temps du brun. Le coton toucha la peau, doucement. Un coup d’oeil en direction du mur lui apprit ce qu’il fallait savoir sur la situation. « Alors, avec qui te débattais-tu aujourd’hui ? » Et plus important encore, pourquoi diable ne lui avait-elle toujours pas tranché la gorge ?



We paint white roses red.

He says "Oh baby girl, you know we're gonna be legends. I'm the king and you're the queen.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


Citoyen + Magic in my veins

+ avatar : Johnny Depp
+ photo :
+ âge : 48 printemps
+ messages : 56
+ date d'inscription : 02/05/2017
+ commentaires : En prison, on vous apporte des oranges... A Mangouste, on m'apporte des cachets !

MessageSujet: Re: Who the hell are you, anyway ? {Emily.}   Dim 7 Mai - 0:25


A shadow of the past


La porte s’ouvrit alors qu’une minute venait de s’égrener. Quelques secondes qui permirent à un léger courant d’air de liberté d’entrer dans la cellule. Juste un filet d’espoir soulevant la chevelure de la brunette pour libérer un parfum suave. Pourtant, si toutes ces informations étaient parvenues dans l’esprit du sorcier, le silence était intense. Comme un fauve retenu par une chaîne invisible, Jamie attendait. Il observait celle qui venait de pénétrer son univers en propageant une tension nouvelle. Comme chargée d’électricité, elle renvoyait une espèce de décharge dans le corps de son patient qui sentit immédiatement ses cheveux se dresser dans sa nuque. Une sensation qui se propagea le long de son dos lorsqu’il l’entendit le saluer.

D’un bref hochement de tête, il lui rendit son salut. Il n’était pas prêt à parler. Les sensations qui s’entrechoquaient dans son âme et son corps, le laissaient muet. Il ignorait tout de cette femme, si ce n’est ses visites, elle était un visage parmi tant d’autres. Certains lui disaient qu’elle était une de ses amies, qu’il pouvait se confier à elle, lui faire confiance… Pourtant, ses mouvements précautionneux donnaient la sensation qu’elle cachait quelque chose. Où peut-être était-elle simplement méfiante étant donné son comportement depuis son arrivée à Sainte Mangouste… Ou peut-être y avait-il plus, il ne parvenait jamais vraiment à se décider.

Cependant, si elle était nerveuse en sa compagnie, il était clair que ça ne l’empêchait jamais de prendre soin de lui. Même lorsque les stigmates de la violence qu’il portait en lui, se manifestait physiquement. Tout à coup, un peu gêné d’être vu dans cet état, il baissa les yeux sur ses mains. Sous ses ongles de la peau arrachée, le long de ses doigts des traces de sang brunâtre tandis qu’il le devinait, ses tempes suintaient tristement.

« Je suppose que je le mérite plus que je ne l’aime… »

Ses paroles n’avaient été qu’un murmure, juste de quoi prouver qu’il n’était pas totalement un légume. Ou peut-être était-ce une forme d’excuse, pour ce comportement qui donnait du travail à celle qui lui rendait visite. Lui-même n’aurait probablement pas su le dire…
Toujours est-il que lorsqu’elle s’agenouilla auprès de lui, il ne put s’empêcher de la fixer. Une alarme au fond de son crâne le mettait en garde. Elle n’était pas une simple inconnue de passage, un passé commun les reliait. Mais lequel ?

Sans la quitter des yeux, il chercha à faire remonter ce qu’il avait oublié. Indéniablement, elle était une belle femme, avec un physique qui ne l’aurait sans doute pas laissé indifférent. Il aurait d’ailleurs fallu être aveugle pour ne pas remarquer son visage aux traits fins et délicats. Et pourtant possédant un charme bestial qui se mêlait étrangement à son allure fragile. Et comment ne pas voir qu’il était encadré d’une chevelure brune aux reflets chauds, le tout posé sur un coup de cygne. Mais Jamie était aussi un homme, et son regard ne pouvait s’empêcher d’analyser le reste de son corps, il pouvait d’ailleurs deviner sa poitrine attirante, son ventre ferme et légèrement musclé et puis ses jambes… Longues est fines, dignes d’une antilope, bien que dans l’ensemble cette femme ait une allure féline… Oui, elle avait un charme redoutable qui devait certainement lui servir d’arme.

Tout à ses considérations, il sentit le bourdonnement familier recommencer. Il cherchait trop loin. Il ne pouvait tout simplement pas continuer s’il ne voulait pas devenir dangereux pour la jeune femme. Et puis d’ailleurs, il ne s’était jamais contenté de la plastique d’une femme pour en faire sa maîtresse. Il ressentait toujours le besoin de découvrir ce que cachait son âme pour être satisfait. Or, cette dernière restait un mystère. Il ne parvenait donc pas à se décider en ce qui concernait leur relation passée.

Ramené à la réalité par la question qu’elle venait de lui poser, il fronça les sourcils en prenant conscience des soins qu’elle était en train de lui offrir. Ce n’était pas réellement douloureux, juste incommodant. Alors il s’écarta et tourna un peu plus le visage dans la direction de la médicomage.

« Rappelez moi votre nom ? »

Voulait-il vérifier qu’elle lui répondrait toujours la même chose ? Était-ce un test ? Oui et non. Il avait juste besoin de l’entendre parler, comprendre. Mais comme il ne pouvait tout simplement pas espérer obtenir des informations la concernant sans jamais rien offrir en retour, il accepta de répondre à sa question.

« Avec moi-même. »

Pourquoi se montrait-elle si douce avec lui alors que par moment ses yeux pouvaient virer à un bleu acier aussi tranchant et glacial qu’une lame d'argent… Ses actes aimables semblaient alors en parfait désaccord avec ce qu’elle semblait réellement vouloir lui faire subir…

AVENGEDINCHAINS


C’est seulement quand on a tout perdu qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


Citoyen + Magic in my veins

+ avatar : Angelina Jolie
+ photo :
+ âge : 41 ans
+ messages : 209
+ date d'inscription : 29/12/2016

MessageSujet: Re: Who the hell are you, anyway ? {Emily.}   Dim 14 Mai - 23:24



La brune ne savait que penser de la raison pour laquelle elle s’obstinait à venir en ces lieux contempler une mémoire défaillante qui gardait son plus précieux secret bien au chaud. Le faire succomber, d’une manière ou d’une autre, aurait été d’une facilité déconcertante, et elle aurait au moins vécu avec la certitude que personne ne découvre jamais ce qu’elle taisait depuis toujours. Seulement, une étrange sensation en elle lui refusait une telle perspective, une curiosité enfantine et maladroite qui lui murmurait, les soirs de solitude : et alors, que se passera-t-il ? Le regard posé sur un patient qui n’aurait pas dû l’être, elle esquissa un faible sourire. « Personne en ce monde n’a ce qu’il aime, et ce que nous méritons ne dépend que de nous. » Bien sûr, c’était injuste, et elle le savait. Alors qu’il la dévisageait, Emily détourna les yeux. Jamais il ne devait lire les questions silencieuses qui tremblaient sous ses prunelles assurées. Comme soudain pris par la pudeur, il s’éloigna légèrement d’elle. Encore une fois, il ne voulait pas de sa proximité. Les animaux en cage n’appréciaient pas qu’on les envahisse, une attitude qu’elle comprenait parfaitement pour l’avoir adoptée à de nombreuses reprises. Ne laissant rien paraître de ses inquiétudes, elle l’observait en silence et attendait une réponse qui ne viendrait peut-être pas. Sans doute sortait-il d’une nouvelle crise, et elle espérait qu’il ne basculerait pas à nouveau vers le fleuve tourmenté de ses souvenirs disparus. Cette situation n’était agréable ni pour l’un ni pour l’autre.

Malgré les apparences, il paraissait conserver un semblant de conscience. Rassurée par ses maigres paroles, elle laissa échapper un léger soupir alors que la tension de ses muscles s’évaporait. Certains jours, elle peinait à garder son calme, et les événements de ces dernières semaines ne faisaient que l’encourager à se laisser aller. Ses semblables partaient à la dérive, et telle la proue du navire qui le contemple s’abîmer dans les flots, elle ne pouvait que contempler le désastre qui s’annonçait. N’ayant pas le coeur à mentir à cet être fragile comme un oisillon, elle remua doucement les lèvres. « Emily. » À moins qu’il ne se rappelle brusquement de leur rencontre, il n’avait aucun moyen de découvrir son identité, et de toute manière, même s’il finissait par apprendre qui elle était, il ne sortirait pas de cet endroit. Accroupie dans une position inconfortable, elle décida de s’asseoir à ses côtés, ramenant ses jambes en tailleur et s’efforçant de rester à bonne distance pour ne pas l’effrayer. Sa tête se renversa en arrière, contre le mur, et elle ferma les yeux. « Je suppose qu’il existe en chacun de nous-mêmes une partie qui cherche à nous blesser. Certains lui donnent le nom de culpabilité, d’autres de masochisme. Je préfère l’appeler conscience. Cela dit, tu devrais dire à la tienne de te laisser tranquille. Le monde extérieur est suffisamment hostile. » Ce n’était pas drôle. Et pourtant, quelque chose là-dedans lui donnait envie de sourire.

Mieux valait ne pas s’attarder sur la question, sans quoi les reproches risquaient de pleuvoir, et elle n’était pas d’humeur. D’un geste imprécis, elle désigna l’instrument qui se languissait dans un coin de la pièce. C’était l’un des seuls vestiges de son passé qu’elle avait jugé bon de lui laisser, ignorant volontairement le refus d’Irène. « Est-ce que tu t’en sers toujours ? Ta mère grince des dents à chaque fois qu’elle entend un air de guitare. » Une perspective qui, en toute honnêteté, l’amusait beaucoup. Les femmes vieillissantes attachaient une importance démesurée aux détails, et la moindre rayure sur un vinyle pouvait les faire hurler des semaines entières. Soudain, Emily ouvrit les yeux, jetant un regard interrogateur vers Jamie. « Que dirais-tu de faire quelques pas autour de l’hôpital ? » La brune n’y avait jamais songé auparavant, mais elle ressentait une envie irrésistible de marcher dans les rues avec lui, de se promener bras dessus bras dessous avec cet homme qu’elle n’aurait même pas dû connaître. Ce serait grisant de sentir le regard des passants couler sur eux, attisé par l’étrange couple qu’ils formeraient. Sentant l’atmosphère se charger de méfiance, elle préféra rejeter toute idée absurde. S’il s’avisait d’essayer de s’échapper, elle n’hésiterait pas à appeler les cadavres qui foisonnaient à la morgue pour qu’ils le ramènent à bon port. Seulement, il fallait qu’il ignore cette éventualité et qu'il s'imagine qu'il s'agissait là d'une nouvelle tentative de dissoudre le sortilège qui pesait sur sa mémoire. « Ne t’en fais pas, ce n’est pas un piège. J’aurais eu mille occasions de te tuer entre ces quatre murs sans que personne n’en sache jamais rien. Et je n’ai pas d’autre ennemi que moi-même. » Ou du moins, pas d’autre ennemi doté de suffisamment de savoir et de puissance pour lui faire seulement hausser un sourcil. Et Emily avait toujours voué un amour insensé pour le danger. Peut-être cette raison expliquait-elle son refus de l’éliminer. Il était le fragment d’incertitude que sa seule existence détachait du ciel.



We paint white roses red.

He says "Oh baby girl, you know we're gonna be legends. I'm the king and you're the queen.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


Citoyen + Magic in my veins

+ avatar : Johnny Depp
+ photo :
+ âge : 48 printemps
+ messages : 56
+ date d'inscription : 02/05/2017
+ commentaires : En prison, on vous apporte des oranges... A Mangouste, on m'apporte des cachets !

MessageSujet: Re: Who the hell are you, anyway ? {Emily.}   Ven 19 Mai - 13:00


A shadow of the past


Un sourire sans joie se peint sur son visage tandis qu’il l’entendait sortir une pseudo vérité qui ne s’appliquait pas à lui. Il n’était pas du genre à jouer la victime ou même à pleurer sur son sort. Néanmoins, cette fois, il ne pouvait tout simplement pas faire sans remarquer l’ironie de la situation. En effet, il n’avait aucune prise sur ce qu’il méritait ou non, en ce moment. Pour autant, il ne se laissait pas abattre, depuis son arrivée, il avait fait quelques tentatives infructueuses pour se faire la malle. Néanmoins, toutes ses erreurs le rapprochaient de la solution, il le sentait. C’est pourquoi, il ne répondrait pas à ce commentaire, il préférait de loin donner l’impression d’être soumis, brisé par les trop nombreux échecs. S’ils le croyaient affaiblis, ces ennemis baisseraient peut-être leur garde…

Mais, cette… Emily, en faisait-elle partie ? Il avait du mal à le croire. Non seulement parce que contrairement aux quelques autres personnes qui osaient entrer ici, elle ne craignait pas de s’asseoir près de lui, voir même de fermer les yeux. Mais en plus, elle ne lui parlait pas comme à un attardé de troll. Ce pour quoi, il fallait bien l’admettre, Jamie avait une certaine gratitude.

Tandis qu’elle parlait, il recommença à la fixer du regard tel un chapardeur qui profite que sa victime regarde ailleurs. Comment ne pouvait-il pas reconnaître ce profil ? Il était pourtant bien particulier. Sans parler du parfum que dégageait la peau d’Emily. Chez lui, cela évoquait Une nuit d’orage en plein été sur un champ de freesia. Une senteur qui lui était propre et qui devrait réveiller les souvenirs de son cerveau si peu coopératif.

« Je m’inquiéterai du monde extérieur lorsque j’en ferai à nouveau partie… »

Ce n’était pas une plainte, non cette fois, il s’agissait d’une promesse. Celle de ne pas vieillir et mourir dans cet endroit. D’ailleurs, son corps s’était immédiatement redressé, ses muscles s’étaient instinctivement bandés tandis qu’il souriait férocement, les yeux posés droit sur la porte mais semblant regarder bien plus loin à travers elle. Oui, il allait sortir… Et lorsqu’il serait libre, plus jamais il ne moisirait dans cet endroit.
Quant à ce qu’elle nommait conscience…   Cette notion lui semblait abstraite. Certes, il comprenait bien ce qu’elle venait de dire et devait bien admettre qu’il était en accord avec ses mots. Néanmoins, les cauchemars qui l’assaillaient si souvent en faisaient-ils partie ? Était-ce cette conscience qui cherchait à le torturer ? Il n’aurait su le dire… Tout en se passant une main dans les cheveux, il soupira. Il se sentait incomplet. À moitié vidé. Come si on lui avait enlevé son autocritique en lui enlevant une part de son histoire…

Pourtant, lorsqu’elle fit un geste, il se força à contempler ce dont elle parlait. Sa guitare. Cet instrument l’avait accompagné à travers le monde, des traces d’usures étaient clairement visibles au niveau des cordes. Tant et si bien que le vernis avait laissé place à des lacérations dans le bois de la table d’harmonie. Un détail que Jamie appréciait particulièrement car cela lui rappelait la passion avec laquelle il avait joué des morceaux bien à lui. Pour autant, jouait-il encore ? Il avait bien essayé à plusieurs reprises, mais ses doigts s’étaient montrés fébriles et son esprit s’était brouillé sous le coup du stress. L’idée de ne plus atteindre son ancien niveau le paralysait… Si bien qu’il lui arrivait encore souvent d’effleurer les cordes mais sans grande conviction.

« Si ses dents grincent, c’est tout simplement parce le monstre en elle a les crocs trop longs… »

Un ricanement suivi les paroles qu’il venait de prononcer. Comme si insulter sa mère pouvait le rendre plus heureux… Même si en vérité, il devait bien admettre que c’était surtout le souvenir de sa mère se crispant à chacune de ses notes. Elle aurait pu tolérer qu’il choisisse un instrument plus « digne » de son statut. Comme le piano ou encore le violon… Elle aurait supporté qu’il en joue pour se détendre à l’occasion… Un simple passe temps sans conséquences. Mais non, Jamie avait choisi de la braver jusqu’au bout. Un enfant de moldus lui avait donné des cours, il avait choisi la guitare et une vie de ménestrels sans attache.

Ces souvenirs firent apparaître un visage un peu plus détendu chez le patient, allant presque jusqu’à un sourire heureux. Oui, à une époque il avait été maître de sa vie et de savoir qu’il avait pu le faire un jour, lui soufflait l’espoir d’y parvenir à nouveau un jour prochain…

Pourtant la suite des paroles d’Emily rendirent Jamie perplexe. Elle avait commencé par lui proposé une sortie. Ce à quoi il n’aurait jamais osé rêvé. Si bien qu’il s’était contenté de vivement tourner les yeux vers elle, prés à accepter mais sur la réserve à l’idée du prix qu’allait lui couter ce cadeau. Et ce fût la suite qui le força à bien réfléchir. Pourquoi croyait-elle nécessaire de lui assurer qu’elle ne comptait pas le tuer ? Et pourquoi lui parler de ses ennemis ?
Il y avait comme une menace sourde dans ces propos, leur relation passée était-elle donc si mauvaise ?
Les questions tournaient rapidement dans son esprit tandis qu’il grattait son menton mal rasé. Il avait envie d’en savoir plus mais ne voulait pas raté une occasion pareille. Alors comment réagirait-elle s’il en venait à la harceler de questions ? Avec une profonde inspiration, il décidé d’y aller par petite touche mais sans plus attendre, il se leva et se tourna vers elle pour lui tendre la main et l’aider à la relever, si elle l'acceptait.

« Si je suis plus en sécurité ailleurs, alors pourquoi pas ? »

Amusé, il ne pu cacher un petit sourire en coin. Ce n’était pas tant qu’il ne croit pas qu’elle soit capable de le tuer. Non, ça il pouvait le concevoir facilement puisqu’il ressentait une aura très sombre cachée au creux des prunelles de la jeune femme. Mais disons plutôt… qu’il savourait le fait qu’il soit toujours en vie.

« Et peut-être qu’en marchant, vous pourrez me dire pourquoi je suis toujours en vie ? »

Bon. Tout compte fait, il n’était pas si subtil que ça pour obtenir des informations. Mais sa voix avait été claire et sans aucun accent moqueur. Il ne l’accusait pas, ni ne se montrait hautain… Son seul but était de comprendre. La comprendre.


AVENGEDINCHAINS


C’est seulement quand on a tout perdu qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


Citoyen + Magic in my veins

+ avatar : Angelina Jolie
+ photo :
+ âge : 41 ans
+ messages : 209
+ date d'inscription : 29/12/2016

MessageSujet: Re: Who the hell are you, anyway ? {Emily.}   Mar 30 Mai - 17:32



Il fallait reconnaître que, sans compter les années qui les séparaient aujourd’hui et les traditionnelles visites d’Irène, l’acidité du beau brun à l’égard de sa mère ne perdait rien de sa superbe. Pourtant, ce n’était pas une raillerie qu’elle distinguait dans le ton de sa voix ; plutôt une mélancolie lasse qui ne s’amusait plus de sa propre présence. Son enfermement lui pesait, un poids qu’Emily savait comprendre mieux que personne, même si elle refusait de s’attendrir face à cet homme privé de souvenirs, sans doute parce qu’il lui rappelait quelqu’un dont elle aurait préféré oublier l’existence : elle-même. Troublée par des pensées qui ne se rapprochaient pas de la moindre manigance, elle préféra garder le silence quelques secondes, observant à loisir la réaction de son prétendu patient. Comme tous les êtres de ce monde, il cherchait manifestement un prétexte pour se rassurer face à ce qui échappait à tout sens commun. La brune se contenta de hausser les épaules, ne sachant que répondre sans trahir ses véritables intentions. Quelquefois, le silence valait mieux que de longs discours empoisonnés, surtout que lui ne se laissait pas prendre au piège. Peut-être son éloignement de toute civilisation expliquait-il la méfiance dont il faisait preuve à son encontre alors qu’il aurait dû la considérer comme une personne de confiance. À sa dernière question, elle ne s’empêcher d’esquisser un sourire. Jamie avait toujours su poser des questions auxquelles on ne pouvait pas répondre.

Revigorée par la perspective d’une promenade en compagnie de son cher prisonnier, Emily se releva et retourna vers le bureau, fouillant sans la moindre gêne dans les tiroirs. Par chance, Irène avait eu le bon goût de pourvoir son fils de quelques affaires avant de le laisser entre ces quatre murs. Triomphante, elle sortit une paire de lunettes de soleil qu’elle lui lança. « Même si la nuit ne tardera pas à tomber, il vaudrait mieux que tu les mettes. Les néons et le soleil ne diffusent pas tout à fait la même lumière. Je ne voudrais pas que tu finisses aveugle par mégarde. » Bien entendu, elle commettait une immense imprudence en souhaitant s’exposer ainsi aux regards en sa présence ; il ne fallait néanmoins pas négliger les détails. Attendant que l’homme se relève, elle finit par lui tendre le bras. La porte en face d’elle ne lui avait jamais autant semblé un objet de pouvoir. Par toutes les tombes de l’Angleterre, qu’elle aimait avoir le contrôle ! Alors qu’elle tendait son bras à Jamie pour le guider, elle lui adressa quelques recommandations. « Garde la tête baissée et parle à voix basse. Les autres sont suffisamment intelligents pour ne pas remarquer notre présence, mais je crains que les directeurs des étages n’aient pas cette clairvoyance. Ce serait fâcheux que l’un d’entre eux chute dans les escaliers. » Le ton guilleret de sa voix suggérait tout le contraire. Qu’on la voie auprès d’un inconnu à l’allure négligée ne l’importunait pas le moins du monde ; il fallait seulement s’assurer que les conséquences n’en soient pas trop désastreuses.

Lentement, Emily approcha la clé qui logeait habituellement au creux de son cou de la serrure. Ses doigts se posèrent sur la tige de métal et elle tourna sans se presser, apaisée par la caresse fraîche du fer. Lorsque le déclic se fit entendre, elle saisit la poignée d’une main ferme et ouvrit enfin. Sans laisser le temps à son acolyte d’agir, elle passa son bras autour du sien et l’entraîna dans le couloir, prenant tout de même la peine de refermer pour n’attirer aucun soupçon. Dans le hall, elle salua brièvement quelques collègues, refusant de s’attarder pour une conversation. Les autres s’imagineraient sans doute que, pleinement dévouée à son métier, elle accompagnait un dernier patient pour une balade avant de rentrer chez elle. Comme si de rien n’était, elle aborda un sujet qui n’avait rien à voir avec leur discussion et qui semblerait parfaitement banal si quelqu’un venait à les surprendre. « Sais-tu que le Ministre a rendu l’âme il y a quelques jours ? Un terrible événement auquel je me suis malencontreusement rendue. En ville, les rumeurs couvrent le pépiement des oiseaux. Dommage que personne ne sache distinguer le sifflement de la vipère qui s’y faufile. » Un clin d’oeil complice plus tard, ils empruntaient les marches qui menaient au rez-de-chaussée, là où un simulacre de liberté attendait Jamie. Le reste du trajet, elle resta silencieuse, attentive aux visages qui passaient autour d’eux. Par miracle, ils arrivèrent en bas. « Et pour te répondre, ta mort n’est pas nécessaire, pas plus que ta vie. Je crois que c’est pour cette satanée raison qu’il est si difficile de décider de ton sort. » Sur ces bonnes paroles, elle poussa les lourds battants de bois, laissant la lumière crue du soleil frapper le visage de son partenaire de jeu involontaire.



We paint white roses red.

He says "Oh baby girl, you know we're gonna be legends. I'm the king and you're the queen.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Who the hell are you, anyway ? {Emily.}   

Revenir en haut Aller en bas
 
Who the hell are you, anyway ? {Emily.}
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Welcome in Hell... [Ali & Ysi ]
» Combat #1: Emily vs Kim
» 05. What the hell are you waiting for.
» Welcome Hell
» Drag Me To Hell

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Prior Incanto :: Londres :: Hôpital St-Mangouste :: Cinquième Etage-
Sauter vers: